Gel des Salaires : plus qu’une erreur, une faute !

En période de crise, le gel des bas salaires est une erreur macro économique réduisant le moteur de la consommation et donc de la croissance intérieure. Comme il s’agit de retrouver des marges de compétitivité, l’état choisit d’utiliser le salaire comme une variable d’ajustement en serrant la ceinture des français, alors que  le courage consisterait à réduire les charges salariales et patronales sur les bas salaires. C’est évidemment plus difficile pour l’état qui aurait alors à engager de véritables efforts de réduction de son train de vie, de  ses politiques et en particulier de ses politiques sociales . Si les politiques sociales doivent permettre de soutenir les citoyens confrontés à la fatalité de la maladie, du handicap ou du chômage, il n’est pas pour autant justifié d’aboutir comme aujourd’hui à un différentiel de revenu trop faible entre travail et assistanat.

En Allemagne, souvent pris en exemple pour ses décisions économiques, les salaires progressent désormais plus vite que dans notre pays et l’écart des salaires entre nos pays se réduit . Nos voisins ont parfaitement intégré que dans cette période difficile la demande intérieure doit être soutenue et non étouffée comme nous le faisons en France. Le préalable à tout cela repose sur des réformes de structure. Il convient en effet de se serrer la ceinture non sur les salaires mais sur les charges sociales. Plus qu’une erreur, cette politique de bas salaires est une faute. Lassé des sacrifices imposés, les français sont révoltés  par les scandales qui se succèdent et secouent la classe politique, les hauts dirigeants, et beaucoup d’élites de ce pays.
C’est une faute car ce rejet et ce  dégoût risque d’alimenter de profondes menaces démocratiques abstentionnistes et extrémistes .

Jean Pierre Enjalbert.

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