Halte à la malbouffe !

De la pâte à tartiner ou des céréales bien grasses ?Des fruits et légumes bourrés de pesticides ? Des friandises facilitant les maladies cardio-vasculaires et l’obésité ? Un jambon bien rose qui peut favoriser le cancer colorectal ? Bienvenu dans un monde où l’industrie agro-alimentaire a pris le pouvoir au détriment de l’intérêt général. Un monde qu’a révélé l’émission d’Elise Lucet : Cash investigation.

Un monde qui s’illustre régulièrement par des scandales alimentaires successifs …que chaque nouvel épisode contribue à révéler aux consommateurs.

Dans ce monde, tous les coups sont permis de la part des lobbyistes de l’agroalimentaire ; y compris ‘’influencer’’ les dirigeants politiques et les scientifiques… Un monde où quelques-uns savent à merveille utiliser les possibilités offertes par les déréglementations, l’ouverture des frontières, la concurrence des normes. Bienvenu dans le monde de la malbouffe libre et non-faussée !

Les méfaits de la malbouffe sont un problème économique, sanitaire et culturel de notoriété publique.

Les risques diététiques et sanitaires de cette alimentation industrielle bas de gamme sont prouvés par de nombreuses études. Ainsi, entre 1993 et 2003, la prévalence de l’obésité est passée de 5% à 10% pour les hommes en France (INSEE). Entre 1999 et 2009, le nombre de diabétiques est passé de 1,6 millions à 3 millions de personnes en France (INVS). On parle aujourd’hui d’épidémie pour décrire le développement du diabète et de l’obésité qui entraîne des complications vasculaires potentiellement très graves à la moindre baisse de vigilance de la prise en charge thérapeutique.

La malbouffe est une alimentation low cost qui coûte cher aux finances publiques. L’OCDE estime que le coût des traitements des maladies liées au développement de la malbouffe dans les pays occidentaux avoisine les 90 milliards d’euros par an pour le diabète. En France, l’Assurance maladie y consacre déjà 9% de ses dépenses. Et elles augmentent chaque année d’environ un milliard d’euros.

Enfin, pour la première fois de notre histoire, l’espérance de vie en bonne santé des occidentaux régresse !

Mais il serait de mauvaise foi de laisser croire que seuls les industriels de l’agro-alimentaire sont responsables de ce naufrage sanitaire. Ils utilisent les brèches béantes dans les normes sanitaires ouvertes par une Union européenne ne rêvant que baisse des coûts, gigantisme agricole et abaissement des règles sanitaires au mépris des impératifs de qualité alimentaire. La responsabilité des grandes familles politiques PS et LR qui siègent à Bruxelles est donc immense .

Le dogme de la concurrence libre et non-faussée que l’UE défend bec et ongles revient à mettre en concurrence les producteurs qui ont de bonnes pratiques avec des producteurs méprisant nos règles sanitaires et sociales.

Cette concurrence libre et non-faussée, revient à contraindre les producteurs européens, et français en particuliers, à se résigner à un moins disant qualitatif ou à une disparition programmée .

Il faut dire que les petits producteurs, les défenseurs de la qualité alimentaire, ne font pas le poids avec les 15 000 lobbyistes présents à Bruxelles et financés par les grands intérêts industriels (pour 21 500 fonctionnaires à la Commission européenne…).

Mais alors, à quand la bonne-bouffe pour tous ? Des aliments sains pour l’ensemble de la population et pas seulement des produits bio pour ceux qui ont les moyens de se les offrir régulièrement ? Cela nécessiterait de :

  • réformer la PAC afin d’instaurer de nouvelles normes qualitatives et protégeant notre marché européen des productions n’obéissant pas aux mêmes règles qualitatives ;
  • faire de nos productions ce qui se fait de mieux en matière de goût, de qualité sanitaire et devenir le grenier qualitatif d’un monde qui aspire partout et toujours davantage à l’exigence qualitative
  • sensibiliser aux méfaits de la malbouffe, notamment les enfants et les personnes les plus vulnérables socialement ;
  • instaurer un principe de quali-sécurité qui, par les normes édictées , favoriserait toujours les productions les plus qualitatives et plus seulement les moins coûteuses ;
  • promouvoir les productions bio et raisonnées, les circuits courts.
  • accompagner nos agriculteurs, nos éleveurs dans leurs exigences qualitatives et défendre enfin la pérennité de leur travail

Au delà de la dénonciation des scandales qui secouent le monde alimentaire, il faut aussi en dénoncer les mécanismes.

C’est ce que Nicolas Dupont Aignan ne cesse d’entreprendre depuis des années en proposant des alternatives responsables. Il est grand temps de le rejoindre dans ce combat pour notre santé et pour La Défense du monde agricole

Jean-Pierre Enjalbert

Maire de Saint-Prix

Médecin angiologue

Délégué national à la transition environnementale

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