Ils veulent sauver la forêt

Saint-Prix, samedi. Plusieurs dizaines de personnes dont le maire et conseiller général Jean-Pierre Enjalbert (à droite avec son écharpe) se sont retrouvés pour protester contre les coupes d’arbres qui ne cessent d’augmenter chaque année.

« Ecartez-vous, nous sommes encore trop serrés », c’est le cri des manifestants samedi matin dans la forêt domaniale de Montmorency qui a brisé le calme ordinaire du massif forestier. Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées au carrefour des Quatre-Cèdres, pour déclarer leur amour à cette forêt menacée, selon elles, par l’ONF (Office national des forêts). Main dans la main, les manifestants ont formé une chaîne humaine symbolique de plusieurs centaines de mètres.
Des coupes de dizaines d’arbres s’accélèrent depuis quelques années. Entre 2005 et 2009, elles sont passées de 10500 m3 par an à 21000 m3. Un constat qui révolte les habitants du secteur, qui se mobilisent de plus en plus au fil des mois.
Tous sont habitués à se promener dans ce véritable poumon vert composé surtout de majestueux châtaigniers, souvent centenaires. « J’y passe du temps depuis quarante-cinq ans, assure Yves Walter, un quinquagénaire de Saint-Prix. J’y venais déjà avec mes grands-parents. De génération en génération, nous profitons de ce magnifique endroit qui fait partie de l’identité de la région. Aujourd’hui, l’ONF justifie la coupe des arbres par un argument écologique (NDLR : pour diversifier les espèces dans la forêt), alors que ce n’est en réalité qu’un argument économique. Nous ne nous laisserons pas faire. »

Cinq millions de Franciliens s’y promènent chaque année

« Le cours du châtaignier a augmenté, renchérit Monique Baquin, conseillère municipale à Saint-Leu et présidente de l’association Choisir la forêt. Du coup, forcément, ils en coupent plus. » La cause de la forêt rassemble au-delà des clivages politiques. Au côté de Jean-Pierre Enjalbert, le maire (Debout la République) de Saint-Prix, Eric Dubertrand, conseiller régional socialiste, a participé à la chaîne humaine. « Il faut préserver ce poumon vert dans la région, martèle le conseiller municipal de Saint-Leu. La question de cette coupe est primordiale. » A l’appui de cette argumentation un chiffre qui fait mouche : en moyenne cinq millions de Franciliens viennent se promener dans le massif tous les ans. Principal cheval de bataille : son classement en forêt de protection qui l’immuniserait contre de nouvelles coupes intensives.
« Si nous sommes reçus dans de nombreuses instances, pour l’instant nous ne sommes pas entendus, conclut Jean-Pierre Enjalbert. Nous passons donc à la mobilisation citoyenne. Ce rassemblement n’est que le début d’une nouvelle mobilisation. »

Publié sur Le Parisien le  02/05/2011

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