Interview : Daniel Desse, Jean-Pierre Enjalbert : « Assurer la préservation des forêts valdoisiennes »

Daniel Desse, vice-président en charge de l’environnement

Jean-Pierre Enjalbert, conseiller général du canton de Saint-Leu-la-Forêt

Qu’est-ce que la Trame verte et bleue ? Daniel Desse  : La Trame verte et bleue est née de la loi Grenelle II sur l’Environnement. Elle traduit la volonté d’assurer les continuités d’un territoire entre ses zones riches en biodiversité, de permettre aux espèces, aussi bien animales que végétales, de circuler, d’avoir des interactions, et finalement de garantir leur pérennité.Des voies de déplacement doivent être préservées ou créées pour assurer ces continuités. Pour cela, la loi a prévu la mise en place de schémas de cohérence écologique qui sont des outils d’aménagement du territoire devant être pris en compte.

Attentif à ces questions, le Conseil général a un service Trame verte et bleue.

Quelles sont les conséquences du caractère périurbain des forêts valdoisiennes ?

Jean-Pierre Enjalbert : Une pression foncière importante et un grignotage de l’espace forestier mais le Conseil général entend assurer la préservation des forêts valdoisiennes. Il a demandé à cet effet le classement des grands massifs du département en tant que « forêts de protection ».

D’autre part, la périurbanité des forêts implique une fréquentation importante (de 4 à 7 millions de visiteurs par an en forêt de Montmorency) d’où la nécessité de prendre en compte les différents usages. Pour les favoriser, le Conseil général est directement impliqué via la gestion de son patrimoine forestier mais aussi au soutien qu’il apporte, financièrement et techniquement, à  l’ONF pour les aménagements en faveur de l’accueil du public: chemin pour les personnes à mobilité réduite, sentier des lisières, panneaux d’information…

 

Comment le Conseil général est-il intervenu pour les coupes en forêt de Montmorency ?

 Jean-Pierre Enjalbert : Les élus ont une double responsabilité : ils sont les représentants des populations locales ; d’autre part, ils doivent apprécier une situation à l’échelle départementale et selon les priorités définies par la collectivité, en l’occurrence le respect de l’environnement. Ici ces deux analyses coïncidaient pour rejeter les coupes rases pratiquées par l’ONF en forêt de Montmorency qui ont modifié brutalement et radicalement son aspect, ruinant les paysages familiers aux promeneurs.

Nous avons invité le directeur territorial de l’Office à venir s’exprimer au Conseil général en présence de l’ensemble des élus valdoisiens concernés, et nous avons amené l’ONF à prendre certains engagements notamment un moratoire sur les coupes rases, une meilleure concertation, et pas seulement de l’information avec les élus locaux sur les choix de gestion, une révision des plans d’aménagement…

Quelle est la place du projet de la forêt de Pierrelaye dans votre action environnementale ?

Daniel Desse : Notre dernière étude d’aménagement importante (100 000 €, cofinancée par l’État) a permis de dégager un consensus sur le boisement. Nous contribuons à la fois financièrement (150 000 €) mais aussi techniquement aux études qui ont lieu maintenant pour voir pousser cette forêt dès 2017. Ce projet de 2 500 hectares permettra de réinvestir un espace aujourd’hui délaissé. Avec la plantation d’un million d’arbres, il offrira aux Valdoisiens un nouveau lieu de détente, avec des zones ouvertes, favorables aux sports de plein air.

Ne négligeons pas les aspects écologiques : son rôle de corridor et son effet régulateur dans l’effet de serre. Le projet a pris une envergure supplémentaire et capitale, c’est le cas de le dire, dans le cadre du Grand Paris qui l’a labellisé. Le développement durable dans le Val d’Oise n’est pas un vain mot.

Publié sur http://www.valdoise.fr

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