Le montage fiscal d’Ikéa ou le démontage de l’idée européenne

Ikea vient d’être épinglé pour avoir mis en œuvre, au sein de l’Union européenne, un vaste système d’optimisation fiscale qui lui aurait permis d’échapper au paiement d’environ un milliard d’euros d’impôts entre 2009 et 2014. Rien que pour la France, cela représenterait un manque à gagner fiscal de 24 millions d’euros. Les Français, qui sont submergés d’impôts, apprécieront qu’un grand groupe réalise des profits à leurs dépens.

Comme Google, Apple, Amazon ou McDonald, Ikea n’a pourtant rien commis d’illégal. Le groupe suédois s’est contenté de profiter des failles de la réglementation européenne qui font de certains pays de l’UE de véritables paradis fiscaux dont le Luxembourg en est le plus bel exemple.

Les pudiquement nommées « optimisations fiscales » des grands groupes démontrent ainsi aux Français et au Européens encore naïfs ce qu’est devenue l’Union Européenne : un vaste espace qui permet aux grands groupes d’échapper à l’impôt pendant que les citoyens financent toujours plus un système économique et politique incapable d’assurer leur sécurité et leur prospérité.

Le beau rêve européen de paix et de progrès social auquel il était sain de croire est tombé entre les mains des affairistes et des lobbys, une formidable escroquerie pour les peuples européens. L’UE est devenue une machine à cash pour les « majors’’, les banques et leurs commanditaires au détriment des peuples européens.

L’Union européenne a décidé de réagir, nous dit-on. Elle a confié au président de la Commission européenne le soin de faire des propositions. Jean-Claude Junker, Premier ministre du Luxembourg pendant près de vingt ans est pourtant le père du système fiscal luxembourgeois qui a fait de son pays un paradis fiscal au détriment des autres Etats européens. Autant confier au renard la garde du poulailler !

Destruction de l’emploi, asphyxie sociale, guerre larvée ou déclarée aux frontières de l’UE en Ukraine et en Turquie, déstabilisation profonde de nos pays provoquée par la crise des migrants gérée avec un angélisme consternant, menace terroriste interne grandissante avec l’effarante inertie de l’UE trop occupée à organiser les intérêts de ceux qui « optimisent »…

La révolte gronde, plus aucun dirigeant du passé n’est crédible soit parce que complice du système, soit parce que trop lâche pour le dénoncer, soit par un cruel manque de clairvoyance.

Seuls certains, jadis Philippe Séguin et aujourd’hui Nicolas Dupont-Aignan, sont suffisamment lucides et intègres pour mériter notre attention.

 

Jean-Pierre Enjalbert

Maire de Saint-Prix

Président d’honneur de Debout la France Val d’Oise

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