Les riverains de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle enfin entendu à l’Assemblée nationale. Réclamons des mesures énergiques !

Dans un rapport d’information parlementaire, les députés Jacques-Alain Benisti (LR) et Christophe Bouillon (PS) émettent 46 propositions pour lutter contre les nuisances aériennes.

Je me réjouis que ce problème, enjeu sanitaire majeur, soit enfin pris en compte par des députés de l’Assemblée nationale. Les deux élus constatent, en effet, comme de nombreuses associations de riverains que la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) ne remplit pas son rôle en n’appliquant pas réellement la faible réglementation qui est sensée protéger les riverains. Ils vont même jusqu’à l’accuser d’être « un Etat dans l’Etat […] faisant le jeu du lobby aérien […] et de privilégier le développement économique plus que la protection de l’environnement et des populations » !

La charge est lourde mais les mesures proposées semblent bien faibles. Renforcer les amendes contre les compagnies qui ne respectent pas les trajectoires et les couvre-feux est important. Encore faut-il que ces amendes soient véritablement dissuasives et perçues par la DGAC.

Transférer 5% des vols de nuits vers les vols de jour est une goutte d’eau qui n’empêchera pas une amélioration significative de bien-être des riverains de l’aéroport.

En 1997, le ministre socialiste des transports, Jean-Claude Gayssot, promettait la main sur le cœur que jamais Roissy-CDG n’accueillerait pas plus de 55 millions de passagers à l’année. En 2015, la plateforme aéroportuaire en a accueilli 72,2 millions. ADP voudrait en accueillir 80 millions d’ici 2020. Rappelons que chaque avion contribue à l’équivalent de pollution de 17 poids lourds réalisant 100km ! Or, Roissy, Orly, Le Bourget, c’est plus de 800 000 mouvements annuels ! Comment peut-on penser que cela n’a aucun impact sur la santé des Franciliens ? Un récent rapport de la Cour des comptes évalue entre 17 000 et 42 000 le nombre annuel de morts prématurés dans notre pays à cause de la pollution atmosphérique. L’ACNUSA elle-même, a reconnu les effets des vols de nuit sur la santé des riverains, ce qui m’avait conduit à porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui contre ces autorités publiques.  Il est temps de mettre en œuvre des mesures énergiques comme c’est déjà pratiqué dans plusieurs aéroports français (Nice) ou internationaux (Londres-Heatrow).

  • Nous réclamons à nouveau une égalité des taxations des différents carburants pour en finir avec le passe-droit dont bénéficie le kérosène.
  • Nous réclamons la réduction du trafic aérien lors des pics de pollution afin de permettre aux Franciliens de respirer plus convenablement.
  •  Nous réclamons l’interdiction progressive des avions les plus polluants comme cela se pratique déjà dans d’autres aéroports comme Londres-Heatrow qui augmente la taxe passager sur les avions les plus bruyants et les plus polluants.
  • Nous réclamons, enfin, pour réduire le bruit et les émissions polluantes, des mesures d’approche en descente continue pour les appareils venant se poser sur les plateformes aéroportuaires franciliennes.

Jean-Pierre Enjalbert

Maire de Saint-Prix

Délégué national Debout la France à la transition écologique

Share