Maires ruraux méprisés par les ‘’grands’’ : la révolte des ‘’petits’’ gronde

Mercredi 25 juin, Nicolas Dupont-Aignan manifestait aux côtés des maires des petites communes rurales devant l’Assemblée nationale contre le projet de la loi visant une « nouvelle organisation territoriale de la République ».

Ils ont été accueillis par des CRS qui les ont violemment repoussés. Des barrières en fer ont été projetées contre les élus et les forces de l’ordre ont obligé les maires ruraux qui déjeunaient à proximité d l’Assemblée nationale à retirer le badge « Ma commune est utile » qu’ils arboraient.

Ces élus ne faisaient que manifester leur mécontentement devant l’oubli, pour ne pas dire le mépris, avec lequel sont traités les maires, notamment des petites communes. Augmentation des dépenses contraintes, baisse des dotations, normes écrasantes et pertes de pouvoir au profit des intercommunalités sont autant d’attaques envers les communes, cellule de base de notre république.

Les maires ruraux sont les témoins de la démocratie que l’on étouffe : petits maires, petits commerçants, petites entreprises… tous subissent les attaques incessantes du gouvernement.

Les « grands » partis se partagent la responsabilité de ce mépris envers les « petits ! » La révolte gronde !

 

Jean-Pierre Enjalbert

Maire de Saint-Prix

Candidat à l’élection régionale Debout la France

 

Le point

 

 

Réforme territoriale : colère des maires ruraux devant l’Assemblée

Des bousculades ont opposé mercredi les forces de l’ordre aux manifestants, au nombre de 160 selon la police, dont une majorité d’élus.

Des bousculades ont opposé mercredi les forces de l’ordre à des maires ruraux qui manifestaient devant l’Assemblée nationale contre la loi NOTRe (Nouvelle Organisation territoriale de la République). Les incidents sont intervenus quand des manifestants, massés place du Président-Édouard-Herriot, avec le soutien de plusieurs députés et sénateurs, ont débordé les forces de l’ordre pour se rendre devant les colonnades du Palais-Bourbon. « Un mépris inacceptable à l’encontre de représentants de la Nation », a dénoncé Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), député-maire de Yerres (Essonne) qui dit avoir été lui aussi bousculé. Présent également à la manifestation, Philippe Gosselin (Les Républicains), député de la Manche et maire de Remilly-sur-Lozon, parle de « provocation de la part des forces de l’ordre », contre des « gens respectables (…) qu’on a traités comme des casseurs en puissance, ce qu’ils ne sont pas ». Selon la Préfecture de police de Paris, 160 personnes, dont une majorité d’élus, manifestaient devant l’Assemblée. « Un barrage, mis en place par les forces de l’ordre, a été forcé par les manifestants. Rien n’a été fait pour les empêcher de cheminer », a t-on affirmé à la Préfecture.

L’Association des maires ruraux de France (AMRF), à l’origine de la manifestation, dénonce principalement la disparition du pouvoir effectif de la commune au profit des agglomérations intercommunales. Sur des panneaux on pouvait lire les slogans : « Je suis mort avec la loi NOTRe », ou « Maire, je suis disponible 24 h/24. » Un faux cercueil, symbole de cette disparition des communes aux yeux des manifestants, a d’ailleurs traversé la foule jusqu’aux grilles de l’Assemblée.

Les administrateurs et les députés « ne savent pas ce qu’est une commune », soupire Jacques Guyot, maire de La Salle, un village de 450 habitants en Ardèche. « Avec cette réforme, on supprime le rôle de personne de proximité, ceux qui traitent des problèmes quotidiens. On nous a imposé des communautés de 20 000 personnes, ça va tuer les petites communes. » « Un maire rural est quasi bénévole », rappelle Jean-Louis Klipfel, maire de Laubach. « Je ne gagne pas plus de 200-300 euros par mois. » Plusieurs personnalités politiques ont soutenu l’action des maires. Parmi eux, Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) et Wallerand de Saint-Just (FN). Un soutien pas toujours apprécié par certains manifestants, qui y voient de la récupération politique. « Surtout le Front national ! » rajoute un maire. Le FN a d’ailleurs soutenu dans un communiqué les « sacrifiés de la réforme territoriale ».

Le Sénat a adopté début juin en deuxième lecture le projet de la NOTRe sur les compétences respectives des différentes collectivités locales.

http://www.lepoint.fr/politique/reforme-territoriale-colere-des-maires-ruraux-devant-l-assemblee-24-06-2015-1939616_20.php

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