Nuisances aériennes : le maire de Saint-Prix porte plainte contre l’Etat

« Il est temps de passer un nouveau cap dans la mobilisation contre les nuisances aériennes. » Jean-Pierre Enjalbert, le maire (DLF) de Saint-Prix joint le geste à la parole. En pleine campagne des régionales, la tête de liste val-d’oisienne du parti de Nicolas Dupont-Aignan porte plainte contre Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des Transports auprès de la ministre de l’Ecologie.

Dans une lettre envoyée en recommandé au procureur de Paris, Jean-Pierre Enjalbert accuse le membre du gouvernement de « mettre en danger la vie d’autrui » en pointant les vols de nuit de l’aéroport de Roissy. « Nous essayons d’attirer depuis très longtemps l’attention des pouvoirs publics sur ce problème. Actuellement 163 avions décollent chaque nuit de Roissy », explique le maire de Saint-Prix, également président du collectif Santé nuisances aériennes.

« Mais on nous répondait toujours que nous exagérions. Cette fois-ci, l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa) elle-même confirme les conséquences médicales graves. » C’est en effet la sortie d’un avis signé d’un médecin neurobiologiste spécialiste du sommeil qui a poussé Jean-Pierre Enjalbert à porter plainte. Le document de l’Acnusa se prononce sur le maintien des « doublets ». En clair, les trajectoires nord et sud d’atterrissage des avions sont censées être alternées la nuit, pour au moins épargner la moitié de la population qui pourra dormir plus calmement un jour sur deux.

Le médecin préconise une alternance des doublets chaque nuit pour minimiser « la dette chronique de sommeil ». Mais cette solution n’étant pas envisageable d’un point de vue logistique, on lui préfère un calendrier hebdomadaire. « Il est écrit clairement qu’il y a des atteintes à la santé », souligne Jean-Pierre Enjalbert, lui-même médecin angiologue. « Il est aussi dit que les mesures envisagées ne sont pas efficaces. C’est la preuve qu’on ne prend pas en compte la vie d’autrui : on connaît les risques, pourtant on continue les vols de nuit. »

En 2006, l’élu avait déjà tenté – via une habitante de Saint-Prix – de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme à ce sujet, mais sans résultat. D’après le maire, Roissy serait l’aéroport européen enregistrant le plus de vols nocturnes. « Nous traînons encore cette espèce d’anachronisme dans une région qui se veut vertueuse et accueille la COP 21. » Contacté, le secrétariat d’État chargé des transports n’a pas encore réagi à la plainte déposée contre lui.

Le candidat DLF, lui, fait aujourd’hui des nuisances aériennes et de la pollution l’un de ses combats prioritaires. Un choix qui peut surprendre, puisque la liste de Nicolas Dupont-Aignan défend aussi le droit des Franciliens à utiliser leur voiture. « Ce n’est pas contradictoire, assure Jean-Pierre Enjalbert. Bien sûr qu’il faut développer les transports en commun. Mais il y a un certain nombre de Franciliens qui sont captifs de la voiture, parce qu’ils habitent le Vexin par exemple. Pour eux, il faut fluidifier le trafic, notamment en écartant les routiers des rocades parisiennes. La solution serait de rendre gratuites les autoroutes périphériques. »

Retrouvez ici la totalité de l’article du Parisien

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