Plan Hulot : des outils pas à la hauteur des ambitions

Nicolas Hulot a présenté les quatre mesures phares de son plan pour le climat à destination des ménages. Les intentions sont louables mais les moyens utilisés insuffisants.

Ainsi, alors que les mesures punitives à l’égard des automobilistes ne cessent de se développer, l’effort consenti par l’Etat pour accompagner la transformation de notre parc automobile est notoirement insuffisant. Au lieu d’augmenter la prime à la casse pour les ménages qui en ont le plus besoin, il saupoudre cette aide en l’accordant à l’ensemble des ménages. C’est le meilleur moyen de créer un effet d’aubaine sans permettre aux automobilistes les plus désargentés de pouvoir changer de voiture.

La modernisation de notre parc automobile est pourtant une priorité pour lutter contre la pollution atmosphérique et accélérer la transition écologique.

En 2014, le secteur des transports représentait 32,6% de la consommation finale d’énergie. Les 38 millions d’automobiles françaises représentaient 16% des émissions de GES. Une pollution qui est responsable, selon l’OMS, de 44 000 décès prématurés chaque année.

Le parc automobile est, par ailleurs, particulièrement vieillissant (8,5 ans). 10 millions de véhicules de plus de dix ans circulent en France. Parmi eux, 60% sont des véhicules qui roulent au diesel selon le Conseil National des Professionnels de l’Automobile (CNPA). Rappelons également l’incidence de la consommation des carburants fossiles sur le bilan carbone et le déséquilibre de la balance commerciale de notre pays.

Pour lutter contre la pollution atmosphérique, réduire la consommation moyenne du parc automobile qui permettrait de rendre du pouvoir d’achat aux ménages et le rajeunir, une prime à la casse ciblée serait nécessaire.

Nous devons fixer un objectif plus ambitieux que celui de plan Hulot : celui de réduire de moitié la consommation moyenne de carburant fossile en cinq ans en majorant et concentrant une prime de modernisation du parc automobile qui éliminerait les véhicules les plus anciens. Cette prime serait compensée, pour les finances publiques, par les nouvelles recettes de TVA qu’engendrerait le renouvellement de la flotte automobile.

Plutôt qu’un saupoudrage inutile et contre-productif des aides publiques, cette prime serait réservée uniquement à ceux qui en ont le plus besoin : les classes moyennes et les plus défavorisées, les PME/TPE.

Cette prime à la casse de 2000 euros serait réservée aux véhicules de plus de dix ans et serait poursuivi pendant 5 ans. Elle consisterait soit :

  • En une prime de 2000 euros à l’achat d’une voiture neuve (euro 6, électrique ou hybride) ne roulant pas au diesel pour l’abandon de son véhicule de plus de dix ans roulant au diesel.
  • En une prime de 2000 euros à la souscription d’une Location Longue Durée d’au moins cinq ans d’une voiture neuve (euro 6, électrique ou hybride), ne roulant pas au diesel, pour l’abandon d’un véhicule de plus de dix ans roulant au diesel.

 

Jean-Pierre Enjalbert

Maire de Saint-Prix

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