Un ciel sans avions, merci le nuage volcanique

23.04.2010 – L’Echo Régional

Interview : Jean-Pierre Enjalbert, maire-conseiller  général (DLR) de Saint-Prix.

« Ça ne peut qu’être bénéfique pour la santé »

Jean-Pierre Enjalbert, maire et conseiller général de Saint-Prix, médecin et président du « Collectif Santé contre les Nuisances Aériennes » a été reçu mardi 20 avril par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) pour faire part de ses propositions sur les vols de nuit.

L’Echo, le Régional. Pourquoi cet entretien avec la DGAC ?
Jean-Pierre Enjalbert. Cette visite n’était pas motivée par les questions liées au volcan mais par l’annonce d’une expérimentation sur les vols de nuit et les nuisances aériennes.
On nous a dit qu’un plan allait être dévoilé fin mai pour réduire ces nuisances. Il reste un désaccord car nous voulons qu’ils arrêtent les vols de nuit, mais la DGAC ne semble pas s’orienter vers cette option.

L’Echo, le Régional. Pendant quatre jours, aucun avion n’a survolé votre commune, ça a dû changer la vie des Saint-Prissiens ?
Jean-Pierre Enjalbert. C’est historique ! Il y a des gens qui voulaient partir ce week-end et qui sont restés en apprenant que Roissy était fermé. La vie sans avions, ça a quand même du bon. Toutefois, nous ne sommes pas les ennemis de l’avion et nous sommes conscients que c’est nécessaire notamment en terme d’emplois. La suppression des aéronefs les plus bruyants va dans le sens du développement durable.
La DGAC sait que c’est inéluctable. Beaucoup d’aéroports internationaux ont réduit, voire supprimé leurs vols de nuit. Ça ne peut qu’être bénéfique pour la santé. À titre d’exemple, on compte 170 vols nocturnes en moyenne sur Roissy alors que la plate-forme d’Heathrow en Angleterre (premier aéroport européen en terme de trafic, NDLR) n’en compte que 16 par nuit.

L’Echo, le Régional. Quel message avez-vous délivré à la DGAC ?
Jean-Pierre Enjalbert. Je leur ai dit que nous voulions un plan de réduction des nuisances. Nous souhaitons des perspectives, une feuille de route pour imaginer, à terme, un planning contractualisé afin de redonner confiance aux élus et aux riverains. Plutôt qu’une charte, nous voulons que tout le monde s’engage. Il y a des mesures immédiates à prendre.
Pour l’instant, la DGAC prévoit de rééquilibrer les pistes d’atterrissage entre le nord et le sud de Roissy. Ils vont mettre en oeuvre de nouvelles techniques d’approche et de décollage en bout de piste afin de limiter le bruit. Nous leur avons demandé la suppression des avions les plus bruyants. Ils nous ont répondu qu’à terme ces appareils seront supprimés, mais leur conception d’avions bruyants est encore trop restrictive.

Propos recueillis par Romain Dameron

Publié sur L’Echo, le Régional  le 24/04/2010

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